Rue de la République

 

 

Anciens noms:

  • Grand Chemin Royal
  • Petite Rue
  • Rue Tirant à Humbécourt
  • Rue des Sabotiers
  • Rue de la République
  • Rue de la Poste

Grand Chemin Royal.

Si, actuellement, l'axe principal de circulation d'ECLARON est nord-sud, il n'en était pas de même autrefois, en particulier au Moyen-Age. Le bourg était alors traversé par le "Grand Chemin Royal" qui venant de WASSY, gagnait l'ancien centre du Perthois, PERTHES (et non pas encore SAINT-DIZIER) en passant par Ambrières. En l'absence de document plus précis, on peut penser que l'actuelle rue de la République correspond à cet axe.

Petite Rue.

Le plus ancien nom qu'on peut relever dans les archives est celui de "petite rue" afin de la distinguer de l'actuelle rue de Guise autrefois appelée "grande rue". Parfois on l'appelait aussi "rue tirant à Humbécourt".

Rue des Sabotiers.

Au tout début du XVIII° siècle, elle prend dans le langage courant le nom de rue des Sabotiers, consacrant ainsi la présence de plusieurs de ces artisans. On ne sait pas pourquoi les habitants ne préfèrent pas l'appeler plutôt rue des Laboureurs, rue des Tissiers, rue des Charpentiers, rue des Voituriers, ou plus tard, rue des Marchands de Vins, profession tout autant représentées dans cette partie d'ECLARON. En tout cas la tradition de la fabrication des sabots s'est perpétuée jusqu'au XIX° siècle: on trouve un certain ALIPS-BLIGNY, fabricant de galoches vers 1870-1880.

Tant au nord qu'au sud, la rue est desservie ou aérée par quelques ruelles ou impasses comme la ruelle des Grandes Ecuries, la ruelle des Cloutiers, la ruelle des Rodomans, la cour des Miracles.

Les Marchands de Vins.

Avec l'arrivée du chemin de fer à ECLARON un nouveau commerce connaît dans cette rue un développement considérable: les vins et les alcools. Avant cette époque chacun faisait autant que possible son vin à ECLARON même; on faisait aussi venir quelques tonneaux des vignobles d'AMBRIERES, de LA NEUVILLE-AU-PONT ou bien même de SAPIGNICOURT et de CUREL. Si l'on avait des moyens, on faisait venir un coûteux charroi de vin de BAR-SUR-AUBE. Quant à la consommation de. Bourgogne, Bordeaux et Champagne, elle restait tout à fait exceptionnelle: elle n'apparaît qu'au début du XIX° siècle. La voie ferrée, elle; va permettre de faire venir en quantités des vins et alcools de toutes Régions de France; on voit encore près de la gare un immeuble qui devait servir de stock à la maison BERTRAND-LUCOT.

Plusieurs marchands de vins ou distillateurs s'installèrent successivement ou en même temps. En témoigne encore la grande maison BERTRAND-LUCOT.dont les caves et ateliers s'étendaient le long de la rue de MOESLAlNS (actuellement rue de Verdun).

Rue de la Poste.

C'est également l'arrivée du chemin de fer qui entraîna l'établissement d'un bureau de poste puis de télégraphe dans le bourg. Auparavant, on déposait son courrier ou ses paquets au domicile d'un "Piéton" qui faisait chaque jour le trajet de SAINT-DIZIER. A la fin du XIX° siècle, ECLARON pût enfin disposer d'un local stable et d'un personnel relevant du Service Public.

Rue de la République.

Enfin le Conseil Municipal décida de célèbrer l'avènement et la consolidation de la III° République: on sait que, à la suite de la défaite de 1870-1871, le balancier oscille pendant plusieurs années entre la Monarchie et la République; c'est cette dernière solution qui fût finalement choisie et qu'ECLARON voulut reconnaître par cette nouvelle dénomination.

Rappelons enfin que cette rue vit passer deux personnalités invitées dans la maison NIEGER: Le Général GOURAUD, qui brisa la dernière offensive Allemande en juillet 1918 (2° Victoire de la Marne), et le père de FOUCAULD (venu en 1912) dont le nom fut adopté par l'association paroissiale.

Philippe DELORME

ECLARON, septembre 1991.