Poésie de France Ferran

 

 

Au Soldat Jean-Nicolas

Au XVIIIème siècle, la Compagnie du Guet de Toulouse dépend entièrement de l'Hôtel de Ville.En 1780, à la suite d'une émeute au cours de laquelle les Soldats du Guet ont tiré sur la foule, le Roi fait alors dissoudre la milice municipale. La Compagnie passe de 70 à 156 hommes.Parmi les soldats que l'on vient de recruter,mon aïeul, Jean-Nicolas GEORGE, originaire

" d'Eclaron-en-Champaigne "..

 

 

Par un jour de mars dur et fou, jeune homme

vigoureux, tu t'élances vers le Midi pour prendre

l'habit bleu des Soldats du Roi.

 

La Forêt du Val a troué son manteau de grésil

et le merle d'or lance un message

de bonne route dans l'arc-en-ciel du matin.

 

Derrière toi, chuchotements de rivière

et grincements de vieille roue du moulin,

qui avalent le galop d'adieu tournoyant

des petits frères.

 

Quand l'été finira sous une pluie de miel,

que le vigneron osera couvrir son front

de pampres tel un dieu antique,

tu vivras en Pays de Cocagne.

 

Traité en hôte de bon augure,

plein de force et de gaieté saine,

voici que tu cueilles un fruit de ton âge.

 

Comment saurais-tu qu'à ta lignée,

à jamais tu lègues la flamme bleue

de ton regard et ta blondeur cendrée,

de Julie, ta fille, à Marceline,

de Louise à Catherine ?

 

© France Ferran * 1993 : Prix des Poètes lorrains, mention très honorable