La fontaine Saint-Laurent

 

La source dans la forêt


 

Il est un petit pont au couvert des arbres, à l'abri des regards et pourtant à deux pas de la route, qui va d'Eclaron à Braucourt. Il est un petit pont enjambant une source qui murmure et cascade depuis la nuit des temps.

La fontaine Saint-Laurent n'est pas miraculeuse, sauf aujourd'hui à penser que tout point d'eau est à préserver, à protéger. Pourtant elle était lieu de pèlerinage. Le jour de l'Ascension, après vêpres, une procession s'en allait chantant jusqu'à la source que le prêtre bénissait, afin de remercier le ciel 1e cette eau vive et claire jaillissant à cet endroit. Hommage rendu à ce symbole de vie ? Sacrifice offert pour bénir les futures récoltes ? Qui sait d'où viennent les coutumes ?

 

La croix de la fontaine

Pour veiller sur la source, dès le début du XIX' siècle, une croix de bois fut érigée par la famille Bossut, propriétaire du lieu. Puis en 1839, on a remplacé la croix de bois par une croix en pierre. Dans le même temps on construisit un abri en pierre également pour protéger la source que recueillait un bassin avant que l'eau n'aille, à dix mètres de là, rejoindre la "neuve rivière", une noue venant d'Allichamps et rejoignant la Blaise au bas des Grandes-Côtes (Sainte Marie du Lac).

Le 2 juin 1859, la "Croix de la mission" fut bénite par Charles Jean-Baptiste Buron, curé d'Eclaron. La dernière procession a eu lieu le 3 mai 1951. La sécurité devenant difficile à assurer sur la départementale 384 où la circulation s'intensifiait au fil des années, il a été décidé de ne plus processionner. Déjà à cette époque, on parlait de déviation. Le calvaire Saint-Laurent - qu'on peut voir encore aujourd'hui, si l'on est un peu curieux - se dresse sur un fût de pierre cylindrique et cannelé de 2,65 m de haut, tandis que le socle d'un mètre de haut est travaillé. L'ouvrage a belle allure. Une niche au pied accueillait autrefois (avant qu'elle ne fut volée) un statuette de saint Laurent, patron de la paroisse.

 

 

Sur le socle, côté source, gravé en lettres majuscules qui ont un peu souffert du temps et des Intempéries, un passage de l'Evangile selon saint Jean qui rappelle l'épisode du Christ et de la Samaritaine. On peut donc lire. "Qui boit de cette eau aura encore soif Mais qui boira de l'eau que je lui donnerai n 'aura plus jamais soif Jean, chapitre J1 verset 13".

 

Et sur la face du socle, à l'opposé de la source, une inscription remémore l'origine de cette croix élevée grâce à la générosité des fidèles, ainsi que le nom du sculpteur David Blanchard, de Saint-Dizier.

 

 

La source et la croix de Saint Laurent sont aujourd'hui, et depuis le 20 septembre 1967, la propriété de l'Institution des Barrages Réservoirs du bassin de la Seine qui en assure l'entretien.

Gil Melison-Lepage avec les travaux de B. Aubépart.